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LES PARTICULES ÉLÉMENTAIRES

 


Les particules élémentaires


 dans mensuel n°306 daté février 1998 à la page 92 (3073 mots)
La quête de l'élémentaire occupe philosophes et hommes de science depuis plus de... vingt-cinq siècles ! Leucippe de Milet est le premier, en Occident, à définir l'atome comme la particule la plus élémentaire. Insécables car très petits, durs et incompressibles, les atomes de Leucippe, puis ceux de Démocrite, diffèrent par leur forme, leur arrangement et sont animés d'un mouvement continu, éternel et désordonné. Ils composent toutes choses, y compris l'âme. Epicure leur rajoutera une autre propriété, une sorte de pesanteur. Leur mouvement est, selon lui, régulier et dirigé vers le bas mais peut se trouver légèrement dévié. Cette théorie atomiste sera vivement combattue au Moyen Age par la tradition aristotélicienne qui préfère une vision du monde en quatre qualités primordiales le chaud, le froid, l'humide et le sec et une substance particulière omniprésente, l' aither . En Occident, la théorie atomiste gagne du terrain au cours des siècles. La publication en 1913 de l'ouvrage Les Atomes par Jean Perrin marquera finalement le triomphe de la théorie atomisteI.

La reconnaissance de la structure intime de l'atome démarre avec la découverte de l'électron, découverte qui fut l'aboutissement de travaux menés entre 1890 et 1900 en Angleterre, en Irlande, en Allemagne, en Hollande et en FranceII. En 1905, l'année où il conçoit la relativité restreinte, Albert Einstein propose de considérer la lumière comme un flux de particules élémentaires, de « quanta d'énergie localisés en des points de l'espace » , qui ont été appelés plus tard photons. L'existence de ces particules sera confirmée en 1923, par l'Américain Arthur Holly Compton*. Dix années plus tôt en 1911, une équipe de l'université de Manchester dirigée par Lord Rutherford démontre, à partir de données expérimentales le bombardement de feuilles d'or avec des atomes d'hélium chargés positivement que le centre des atomes est occupé par un noyau de très petite taille chargé positivement. En 1920, Rutherford baptise la charge positive du noyau proton . L'idée admise, à cette époque, est que le noyau contient les deux particules élémentaires, proton et électron. Mais douze années plus tard, James Chadwick, du laboratoire Cavendish à Cambridge, découvre à l'intérieur du noyau une particule électriquement neutre. Il la nomme neutron, celui-ci accède provisoirement au statut de particule élémentaire. L'idée qu'une sous-structure puisse exister à l'intérieur est venue ensuite naturellement... En 1964, Murray Gell-Mann et Georges Zweig élaboraient, de façon indépendante, le concept de quarks, constituants élémentaires des protons et des neutrons. Leur mise en évidence eut lieu dans les années 1970 aux Etats-Unis.

Une particule élémentaire ne peut se représenter - comme on le trouve encore souvent - par une petite bille. Entendons-nous : cette représentation naïve n'est pas incorrecte lorsqu'on se place dans le cadre de la mécanique classique ; la matière macroscopique n'est-elle pas symbolisée par les physiciens comme un ensemble de points matériels, de lieux où se concentre la masse ? En électromagnétisme, les mouvements de ces points peuvent être décrits grâce au concept de champ introduit par Faraday au milieu du XIXe siècle. Structure infinie étendue à l'ensemble de l'espace et du temps, le champ est devenu au fil des années un concept fondamental pour comprendre la matière. Mais il pose un problème. Comment, en effet, concilier ce concept, fondé sur des équations qui reposent sur la continuité, et la notion de particule, par essence discontinue ? La théorie quantique des champs introduite dans les années 1930 résout l'antagonisme. Alors que la mécanique classique va observer un morceau de matière et se poser les questions : dans quel état est-il ? quelle est sa vitesse, son énergie ? La théorie quantique des champs renverse le point de vue en disant : voici tous les états qui peuvent être occupés ou pas par des particules dans le cadre d'une interaction, comment sont-ils occupés ? Les champs quantiques sont les opérateurs qui remplissent ou vident ces états. Remplir c'est créer une particule, vider c'est l'annihiler. La particule n'est donc plus un point matériel mais un échantillon, un digit de champ quantique défini pour un certain type d'interaction. La comparaison avec l'informatique n'est pas gratuite : la particule élémentaire est en quelque sorte, un 1 ou un 0 dans un programme informatique. Les échantillons de champ peuvent être des constituants de la matière, les fermions*, ou bien être des vecteurs d'interactions, les bosons*. Bosons et fermions ont des propriétés très différentes. D'abord, le moment cinétique* intrinsèque ou spin est nul ou entier pour les bosons et demi-entier pour les fermions. Ensuite les fermions sont impénétrables. Lorsqu'il y en a un quelque part, on ne peut pas en rajouter un autre au même endroit. La matière ne se superpose pas. Les bosons, au contraire, peuvent tous se trouver dans le même état, au même endroit. Le photon est un boson : on superpose des rayons lumineux.Le théoricien et l'expérimentateur ne voient pas et ne représentent pas la particule de la même façon. Une particule étant pour le théoricien un digit de champ, le concept premier est donc, pour lui, le champ et non la particule. La nature des champs quantiques est prédéterminée par les quatre interactions fondamentales et par les symétries qu'elles respectent voir tableau ci-dessous.
Que signifie pour une interaction respecter une symétrie ? Prenons l'exemple de l'électromagnétisme. Pour décrire l'interaction électromagnétique, le physicien utilise la notion de potentiel*. Une dérivation* par rapport aux coordonnées de l'espace lui permet de passer du potentiel au champ. De la même façon qu'une famille infinie de droites parallèles possède la même pente, il existe une infinité de potentiels qui donnent le même champ.
Tous ces potentiels sont identiques à une « origine près » : si l'on transforme un potentiel en un autre, les équations n'en sont pas affectées. En mécanique quantique, les physiciens utilisent le terme d'invariance ou symétrie de jauge* pour décrire ce type de transformation. Or, il se trouve - sans que nous comprenions vraiment pourquoi - que les quatre interactions fondamentales et les équations qui les décrivent respectent des symétries de ce type.
Ceci a, bien sûr, des répercussions sur les champs quantiques associés aux interactions et donc sur les propriétés des particules, les digits de champs. Ainsi, quand un théoricien pense particules, il pense symétries, interactions, champs.
Dans les équations, il symbolise les particules par des potentiels, fonctions de plusieurs paramètres comme le temps t ou la position x, y, z. Mais l'expérimentateur, lui, voit les particules bien différemment.
Une particule est, à ses yeux, une signature dans un certain type de détecteur, autrement dit une trace ou un ensemble de traces. Il la désigne par des lettres u, Z, t, n, e ...et non par des potentiels ou des champs quantiques.Parmi les particules connues, certaines sont présentes dans la nature, comme l'électron, particule constitutive des atomes de matière, ou comme le neutrino, particule neutre présente dans les rayons cosmiques*. D'autres n'auraient existé que dans les tout premiers instants de l'Univers et ne peuvent être détectées qu'auprès des grands accélérateurs ou collisionneurs. Pourquoi ? Imaginons, que nous voulions découvrir dans une structure, comme le proton, une sous-structure plus petite. Une première idée est de sonder cette structure en envoyant une ou des particules sondes sur elle. Ces particules sondes ont, selon la dualité onde-corpuscule* établie par Louis de Broglie en 1923, des longueurs d'onde associées. Or, nous savons qu'un phénomène ondulatoire n'interagit qu'avec des objets de dimension supérieure à sa longueur d'onde un nageur ne perturbe pas la houle, laquelle se trouve en revanche affectée par la marche d'un paquebot.... Pour sonder des objets petits, il faut donc envoyer sur eux des particules sondes de très courte longueur d'onde, ce qui signifie aussi très énergiques. Les accélérateurs cible fixe ou les collisionneurs cible en mouvement sont construits sur ce principe. Détaillons ce qui se passe dans un collisionneur où deux faisceaux de particules de haute énergie circulent en sens opposés. La collision entre deux particules des deux faisceaux produit un choc d'où émergent d'autres particules en vertu du principe d'équivalence entre masse et énergie, le fameux E = mc2, une des conséquences de la théorie de la relativité restreinte élaborée en 1905 par Albert Einstein.
Plus le choc est énergique, plus les particules créées sont massives... ce qui ne veut pas dire qu'elles sont plus grosses, au contraire ! Plus elles sont massives, au sens énergétique du terme, plus leurs dimensions, ou encore leur longueur d'onde associée est petite... La durée de vie des particules est si brève, quelque 10­20 s, qu'aucune caméra, aucun microscope n'est capable d'observer directement le résultat de la collision. Ce que les expérimentateurs détectent ce sont les produits stables de leur désintégration. Pour connaître leur position et leur énergie, ils placent autour du point de collision plusieurs détecteurs qui forment une structure géante en oignon voir schéma.
Ces dispositifs sophistiqués ont une faiblesse : ils ne permettent pas d'arrêter les particules non chargées et n'interragissant que faiblement, comme les neutrinos.Dans la théorie de la relativité restreinte, la masse est reliée à l'énergie et à la quantité de mouvement* pÆ de la particule de la façon suivante : E2 ­ p2=m2 en supposant c = 1, c vitesse de la lumière dans le vide. Dans cette équation m est la masse invariante de la particule, m = E si pÆ = oÆ ; m est donc la masse au repos. Si la masse de la particule est nulle, on a E = p, autrement dit une particule de masse nulle est une particule qui va à la vitesse de la lumière quel que que soit le référen- tiel.
Conclusion : une particule de masse nulle est une particule qui n'est jamais au repos !Elles existent puisqu'on les a observées ! D'abord dans le rayonnement cosmique, puis dans les accéléra- teurs et les collisionneurs. Mais l'existence des antiparticules avait été suppo- sée avant qu'on puisse les observer, à la fin des années 1920 par le physicien britannique Paul Dirac. Pour réconcilier la mécanique quantique et la théorie de la relativité, il imagina une particule d'énergie positive, de masse égale à celle de l'électron, mais de charge électrique opposée. L'anti-électron positon était né. Ce dédoublement purement théorique du monde en « particules-antiparticules », autrement dit en « matière- antimatière » fut expérimentalement confirmé dès 1932. Aujourd'hui, toutes les anti-particules des particules élémentaires connues ont été découvertes.
Une antiparticule possède la même masse, le même spin que la particule du même nom mais des charges opposées - « charges » au pluriel. Toute particule ou antiparticule porte, en effet, un certain nombre de charges charge électrique, charge de couleur, nombre baryonique, charge de saveur.... Ces nombres sont des sortes d'étiquettes qui définissent le comportement de la particule ou de l'antiparticule dans les interactions.
L'une des grandes énigmes de la physique actuelle est le déficit d'antimatière mesuré dans l'Univers. Si la matière et l'antimatière ont des propriétés symétriques, pourquoi la nature aurait-elle préféré la première à la seconde ?
En 1967, le physicien russe Andrei Sakharov a proposé une théorie pour expliquer cette dissymétrie.Deux types de particules existent à l'intérieur du groupe des fermions voir p. 95 : d'un côté les leptons, qui ne participent pas à l'interaction forte, de l'autre les quarks, de différentes saveurs et de différentes couleurs qui participent à toutes les interactions. Les charges de saveur six au total et de couleur trois au total des quarks déterminent leur comportement vis-à-vis respectivement de l'interaction faible et forte. Les bosons, vecteurs des quatre interactions fondamentales, sont le photon pour l'interaction électromagnétique, les gluons pour l'interaction forte qui lient les quarks entre eux, les bosons W+, W­ et Zo, porteurs de l'interaction faible, enfin le graviton, le boson de la gravitation. Fermions et bosons ont été regroupés en trois familles dans le modèle standard, cadre conceptuel permettant de prédire tous les phénomènes mettant en jeu les interactions fondamentales autre que la gravitation*. Curieusement, les deux dernières familles peuvent être vues comme des répliques de la première à un détail près : leur particule ne se distingue des particules de la famille n° 1 que par leur masse ! Un muon est un autre électron sauf qu'il est un peu plus lourd, un tauon est un muon encore plus lourd. C'est un peu comme si la nature avait bégayé trois fois... Les physiciens l'admettent : le modèle standard qu'ils ont construit aurait très bien pu fonctionner avec une seule famille de particules. Pourquoi alors y en a-t-il trois, et pas une ou cinq ? C'est d'ailleurs une des grandes questions de la physique contemporaine. Ce bégaiement de la nature n'est pas sans conséquences. Pour le comprendre, revenons sur les symétries. La théorie des champs quantiques implique l'existence d'une symétrie dite CPT, produit des symétries C on remplace la charge par une charge opposée, P on change le signe des coordonnées spatiales, et T on renverse le sens du temps. L'invariance de la physique par cette symétrie CPT pouvait laisser penser qu'il existait aussi une invariance par C, par P, par CP et par T, pris séparément. Or, l'interaction faible brise ce principe : elle n'est pas invariante par CP. Pratiquement, cela signifie que, dans certains processus de désintégrations radioactives, changer la charge d'une particule en la charge opposée et regarder le résultat dans un miroir inversion des coordonnées, est un processus qui n'a pas la même probabilité que le processus de départ... Cette brisure de la symétrie CP pourrait donc expliquer la prédominance dans l'Univers de la matière sur l'antimatière, laquelle a toujours la charge opposée à la matière. Les physiciens sont parvenus à montrer que, dans le cadre du modèle standard, la brisure n'est possible que s'il existe au moins trois familles de particules. Une ne suffit pas, deux non plus. Autrement dit, le bégaiement de la nature serait une des clefs de la prédominance de la matière sur l'antimatière dans l'Univers...Aucune ne l'est en principe. Elles peuvent en revanche être plus ou moins difficiles à observer, comme les neutrinos, ces leptons de charge électrique nulle. L'existence de ces particules neutres fut prédite par Wolfgang Pauli en 1932. Vingt ans plus tard, on découvrait le premier neutrino. Les neutrinos sont difficiles à observer car ils ne sont pas chargés et ne participent qu'à l'interaction faible : leur probabilité d'interagir avec la matière est par conséquent quasi nulle. Cette propriété complique aussi la mesure de leur masse, laquelle est peut-être nulle. La détection des quarks est, elle aussi, difficile même si ces fermions participent à toutes les interactions. Un quark ne peut s'observer directement pour la bonne raison qu'il se déplace toujours en bande, soit avec deux autres quarks, soit avec un antiquark.
Nous savons de plus qu'il existe trois couleurs possibles pour un quark ; or, ces couleurs sont telles que leur mélange par trois ou par deux produit des objets « blancs » - les seuls visibles d'après la théorie de l'interaction forte. Nous ne pouvons donc observer directement que les assemblages de quarks mais jamais les quarks isolés !Le physicien des particules ne peut répondre à cette question. Il peut certes prédire, grâce au modèle standard , un certain nombre de variables mais pas la valeur exacte des masses des particules. En revanche, la question « Pourquoi les particules élémentaires ont-elles une masse ? » occupe de nombreux théoriciens et expérimentateurs. En effet, d'après le modèle standard actuel, toutes les particules devraient logiquement être de masse nulle ! Pour comprendre cela, revenons quelques instants sur les propriétés d'invariance. Nous avons vu les quatre interactions fondamentales respectaient des invariances de jauge. Or, ces symétries imposent aux particules d'interaction, les bosons, d'être de masse nulle. C'est bien le cas du photon interaction électromagnétique ou des gluons interaction forte mais pas des bosons intermédiaires interaction faible très massifs 90 GeV, soit quatre-vingt dix fois la masse du proton. Pour expliquer ce phénomène, les physiciens ont inventé un nouveau champ quantique, le champ de Higgs, générateur de masse, et une nouvelle interaction associée, le mécanisme de Higgs. Pourquoi le champ de Higgs aurait-il rendu massives toutes les particules, à l'exception du photon et du gluon ? D'après le modèle standard, le phénomène correspond à une brisure spontanée de symétrie du champ de Higgs dans l'état fondamental stable qu'est le vide. C'est un peu comme si vous posiez une bille au fond d'une bouteille : l'état stable est trouvé lorsque la bille est à gauche ou à droite du cul de la bouteille état non symétrique, pas au-dessus état symétrique. Si le mécanisme de Higgs est valide, il faut alors imaginer l'existence d'une particule massive associée, le dénommé boson de Higgs. La course au boson de Higgs a d'ores et déjà commencé. Sa masse importante, quelques centaines de GeV, pourrait expliquer qu'on ne l'a pas encore découvert... Le grand projet de collisionneur à 14 TeV du CERN sera le test grandeur nature du mécanisme de Higgs.

Elémentaires, direz-vous ?
Pour certains physiciens, la structure de la matière en quarks, leptons et bosons pourrait n'être qu'une image encore très simplifiée de la réalité. Au plan théorique, le mécanisme de Higgs possède d'ailleurs de nombreuses inconsistances.
Une amélioration possible est d'envisager l'existence d'une sous-structure au sein des particules du modèle standard. Les énergies correspondantes seraient mille fois plus élevées que les énergies qui ont permis de mettre en évidence les quarks. Si elle existe, cette sous-structure doit impérativement être compatible avec toutes les observations réunies jusque-là. Une contrainte qui limite énormément l'ensemble des solutions mais qui laisse encore de la place à la discussion... Une autre façon d'améliorer le mécanisme de Higgs est l'idée qu'il existe deux autres bosons de Higgs donc deux autres champs quantiques de Higgs et surtout que chaque particule du modèle standard actuel possède un partenaire supersymétrique. Dans cette hypothèse, les bosons auraient des partenaires fermions, et les fermions des partenaires bosons. Tous ces partenaires supersymétriques auraient des masses de quelques centaines de GeV...
Ce nouveau dédoublement du monde après celui de la « matière-antimatière » sera testé sur le futur LHC au CERN. Mais l'imagination des physiciens ne s'est pas arrêtée là... Une approche, radicalement différente, proposée à la fin des années 1970, consiste à imaginer que les champs quantiques actuellement répertoriés ne sont que des approximations de basse énergie d'un phénomène que les physiciens désignent sous le terme de super-cordes.
Dans ce cadre conceptuel, les particules élémentaires actuellement repertoriées seraient des modes, des exci- tations d'une corde, objet fondamental étendu de très petite taille. Pour être étudié, ce modèle, sorte de théorie fondamentale ultime de la physique quantique, nécessiterait des énergies de 1019 GeV, soit l'énergie d'un Boeing 747 à sa vitesse de croisière concentré dans une particule ! La théorie des supercordes sera-t-elle validée aux basses énergies sur le LHC ? Certains en ont fait le pari.


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DES ROBOTS HUMANOÃDES ...

 

Paris, 12 février 2016


Des robots humanoïdes dans les usines aéronautiques de demain

Développer des technologies de robotique humanoïde pour effectuer des tâches difficiles dans les usines aéronautiques, c'est le programme de recherche commun, d'une durée de quatre ans, du Joint Robotics Laboratory (CNRS/AIST)1 et d'Airbus Group. Il sera officiellement lancé le 12 février 2016 à l'ambassade de France à Tokyo2. L'introduction d'humanoïdes sur les lignes d'assemblage aéronautiques permettra de décharger les opérateurs humains des tâches les plus laborieuses ou dangereuses. Ils pourront ainsi se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée. La principale difficulté pour ces robots sera de travailler dans un environnement exigu : comment réaliser certains mouvements sans entrer en collision avec les nombreux objets alentours ? C'est la première question à laquelle devront répondre les chercheurs, en développant de nouveaux algorithmes de planification et contrôle des mouvements précis.
Du fait de la taille des appareils aéronautiques (par exemple des avions de ligne) et du très grand nombre de tâches à effectuer sur peu d'unités, l'utilisation de robots spécialisés à base fixe, déjà utilisés dans l'industrie automobile, est impossible dans l'industrie aéronautique. D'autres difficultés s'ajoutent : même si des robots constitués d'une base mobile et d'un bras manipulateur peuvent être utilisés par l'industrie (comme chez Airbus Group par exemple), ceux-ci sont limités dans leurs déplacements. Ils n'ont, en effet, pas la possibilité de monter des escaliers ou des échelles, de passer des obstacles au sol, etc. De son côté, le Joint Robotics Laboratory (JRL, CNRS/AIST) développe, à partir des modèles de robots HRP-2 et HRP-43, des nouvelles technologies de locomotion dites multi-contacts : en s'aidant de tout son corps pour prendre contact avec son environnement, et non seulement avec ses pieds, ce type de robot peut monter des échelles et entrer dans des endroits exigus. La possibilité d'avoir des contacts multiples permet aussi d'accroître la stabilité du robot et la force qu'il peut appliquer lorsqu'il effectue une tâche. De plus, la forme anthropomorphique de ces robots offre une polyvalence utile pour effectuer un grand nombre de tâches différentes dans des environnements variés.

La collaboration entre les chercheurs du JRL et Airbus Group a donc pour but de permettre aux robots humanoïdes d'effectuer des tâches de manipulation dans un environnement contraint et limité, les lignes d'assemblage, où ils devront faire un usage coordonné de leur corps pour mener à bien leur mission. Les espaces exigus requièrent en effet des postures particulières. Le calcul de telles postures s'avérant mathématiquement complexe, les chercheurs devront tout d'abord développer de nouveaux algorithmes, bien plus puissants que ceux existants actuellement, tout en gardant ces calculs suffisamment rapides pour que les mouvements des robots restent efficaces. Les tâches typiques que les robots auront à effectuer seront, par exemple, de serrer un écrou, de nettoyer une zone de ses poussières métalliques ou d'insérer des pièces dans la structure de l'appareil. Ils pourront également vérifier le bon fonctionnement des systèmes une fois la fabrication terminée.

Ces algorithmes seront testés sur un ensemble de scénarios tirés des besoins des différentes branches d'Airbus Group (Aviation Civile, Hélicoptères, et Spatial), et dont le réalisme ira croissant au fil des années. Du côté de la recherche en robotique, en plus de l'apport des nouveaux algorithmes, cette collaboration mettra peut-être en lumière des insuffisances des robots actuels (design, précision ou puissance, par exemple). Elle pourrait également permettre de spécifier le cahier des charges de la première génération de robots humanoïdes dédiés à la manufacture de grandes structures, d'ici 10 à 15 ans.

En savoir plus : un article du CNRS le Journal.

 

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LA DISPARITION DU TEMPS EN GRAVITATION QUANTIQUE

 

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15-3 | 2011 : L'espace et le temps
L’espace et le temps


La disparition du temps en gravitation quantique


Alexis de Saint-Ours
p. 177-196
Résumé | Plan | Texte | Bibliographie | Notes | Illustrations | Citation | Auteur
Résumés

Le but de ce travail est d’examiner l’incidence philosophique de la gravitation quantique sur le concept de temps. Je cherche à montrer qu’elle conduit à une disparition du temps comme dimension et ouvre la voie à une compréhension du temps comme variation et même à l’idée de variation pure. En l’absence de temps mécanique, il est cependant possible de définir un temps d’origine thermodynamique. Je montre en quoi cette dissociation du temps mécanique et du temps thermodynamique, fait écho à l’ambivalence — qui est au cœur de la physique comme de la philosophie — entre le devenir et le temps comme mesure du changement. Enfin, je suggère que la gravité quantique concourt à l’inversion de la définition aristotélicienne du temps.

Plan

1 Le problème du temps en gravitation quantique
1.1 Introduction
1.2 Espace et temps substantiels vs. espace et temps relationnels
1.3 Temps local et temps global
1.4 Le problème du temps
1.5 Parménidiens vs héraclitéens
2 Physique sans temps
2.1 Cinématique et dynamique en relativité générale
2.2 La dynamique atemporelle de la relativité générale
3 Incidences philosophiques
3.1 Le temps est-il le réceptacle inerte du changement ?
3.2. Du temps comme dimension au temps comme variation
3.3. Le temps comme régime du devenir
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Je tiens à remercier chaleureusement Gwen Garcia pour sa relecture attentive et exigeante.

We need to go back to the insights behind general relativity and quantum field theory, learn to hold them together in our minds, and dare to imagine a world more strange, more beautiful, but ultimately more reasonable than our current theories of it. For this daunting task, philosophical reflection is bound to be of help.
[Baez 2001, 177]

1 Le problème du temps en gravitation quantique
1.1 Introduction
1 Nous suivons a l’identique Claus Kiefer: "Concerning now the attempt to con­struct a full quantum t (...)
1Le terme de gravitation quantique fait référence à de très nombreuses théories en cours d’élaboration et non corroborées par l’expérience. On peut néanmoins les regrouper en trois familles1 : tout d’abord, l’ensemble des procédures qui appliquent les règles de quantification à la relativité générale, avec deux tendances particulièrement remarquables, les approches covariantes et les approches canoniques comme la géométrodynamique et la gravité quantique à boucles qui font usage du formalisme hamiltonien ; ensuite, la théorie des supercordes ou M-théorie ; enfin toutes les autres approches, par exemple la théorie des twisteurs de Roger Penrose, les causets ou encore la géométrie non-commutative.

2Les formalismes canoniques en gravitation quantique sont fondés sur une quantification de la relativité générale formulée dans un cadre hamiltonien. Les pionniers de cette approche sont notamment Dirac, Bergmann, Arnowitt, Deser, Misner, Wheeler et DeWitt. La gravité quantique à boucles repose sur la reformulation par Abhay Ashtekar en 1986 de la relativité générale en termes de nouvelles variables. Liées à la notion de connexion, ces variables ont permis de simplifier la formulation hamiltonienne de la relativité générale et, ainsi, faciliter les procédures de quantification. Cette « mise en forme » met en évidence le caractère dynamique des équations d’Einstein, puisqu’elle rend compte de l’évolution de la métrique spatiale dans le temps : on parle alors de feuilletage de l’espace-temps.

3Le temps joue un rôle problématique dans les approches canoniques. Cela n’a rien d’étonnant : le temps de la mécanique quantique ou de la théorie quantique des champs et le temps tel qu’il intervient en relativité générale ne sont pas compatibles. En effet, le temps de la mécanique quantique est un temps de nature substantielle. La variable t qui intervient dans l’équation de Schrödinger,


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est le temps absolu newtonien : paramètre externe et non dynamique.

4En théorie quantique des champs, la situation est similaire puisque le temps absolu est remplacé par l’espace-temps de Minkowski. Cet espace-temps est également de nature substantielle puisqu’il constitue un « background », une plate-forme externe et non dynamique qui n’interagit pas avec les champs en considération.

5Comme on va le voir, cette situation est radicalement différente en relativité générale mais, avant cela, présentons brièvement le débat qui oppose temps relationnel et temps substantiel.

1.2 Espace et temps substantiels vs. espace et temps relationnels2
2 D’après [Rovelli 2004] et [Saint-Ours 2006].
3 Loin de nous l’idée selon laquelle l’univers ne serait composé que de corps matériels au sens stric (...)
4 Le terme de relationnel n’est pas équivalent à celui de relativiste. Par exemple, la théorie de la (...)
6La physique a longtemps été partagée entre deux conceptions radicalement différentes de la nature de l’espace. Selon l’une, l’espace peut être conçu à l’instar d’une arène ou d’une scène accueillant l’ensemble des corps matériels ou, du moins, la catégorie très générale des « objets » peuplant l’univers3. L’espace existe alors en soi et les objets physiques se meuvent dans l’espace. On reconnaît là la figure de l’espace absolu newtonien. Selon l’autre, l’espace est de nature relationnelle. Cela veut dire que le monde est fait d’objets physiques, mais cela ne signifie pas que les corps matériels sont dans le monde, bien au contraire. L’espace n’est rien d’autre que la relation de contiguïté ou de coexistence que les objets entretiennent respectivement. Selon la conception substantielle, il y a dans l’univers deux types d’objets, les corps et l’espace, alors que, selon la conception relationnelle, il n’y a que les entités physiques4.

7 On peut se demander si, à l’instar de l’espace, le temps est de nature substantielle ou de nature relationnelle. Le temps absolu newtonien est l’archétype d’une conception substantielle : il n’est pas affecté par les événements et constitue, telle une grande horloge universelle, le cadre objectif du devenir des entités physiques. Parce qu’il s’écoule uniformément, il est de nature homogène. C’est cet écoulement uniforme qui permet de rendre compte objectivement et sans faillir d’un mouvement ou d’une évolution qui se déroule en son sein. En outre, la possibilité d’un temps vide est réelle : l’ensemble des mouvements de l’univers pourrait cesser, le temps newtonien serait théoriquement l’outil qui permettrait de préciser combien de temps cette absence de changement a duré. Comme on le sait, Leibniz a élaboré sa théorie relationnelle de l’espace et du temps à l’encontre des conceptions spatio-temporelles de Newton. Selon Leibniz, l’espace et le temps ne sont que des relations. L’espace est l’ordre des coexistants et le temps est l’ordre des successions. L’espace et le temps n’ont pas de valeur ontologique mais une valeur logique : celle d’une relation d’ordre.

8Par ailleurs, il apparaît que les éléments substantiels d’une théorie physique sont ses caractères non dynamiques. En d’autres termes, l’opposition substantiel/relationnel renvoie très largement à l’opposition statique/dynamique. Par dynamique, il faut entendre les éléments d’une théorie physique déterminés par des lois et par statique, la proposition contraire.

1.3 Temps local et temps global
5  À l’instar de [Stachel 2005].
9La distinction entre deux types de changement conduit à mettre en évidence deux conceptions du temps5 : l’une locale et l’autre globale. En effet, il faut distinguer entre le changement de position d’un corps dans l’espace au cours d’un certain intervalle de temps, autrement dit le mouvement, et le changement qualitatif ou quantitatif, au cours du temps, des propriétés d’un corps qui demeure immobile pour une certaine classe de référentiels.

10Le mouvement conduit à la notion de temps global puisqu’il implique l’idée de différents lieux ou positions du corps et ce, à différents instants ou moments du temps, tandis que le changement de propriétés conduit à l’idée d’un temps local puisqu’il ne fait pas intervenir de déplacements dans l’espace.

11Le temps newtonien assimile temps local et temps global : c’est le temps absolu ou universel dont l’image nous est donnée par l’idée d’un grand horloger cosmique. Pour le dire de façon plus pragmatique, des horloges initialement synchronisées puis dispersées dans tout l’espace donneront toutes les mêmes indications. Or c’est précisément cela qui va être contesté par Einstein et d’autres et, ainsi, conduire en 1905 au remplacement de la cinématique newtonienne par la chronogéométrie des transformations de Lorentz.

12En relativité restreinte, du fait de la relativité de la simultanéité, le temps global — qui sert à rendre compte d’événements se produisant à une certaine distance l’un de l’autre — est relatif au choix du référentiel inertiel. À la question : « Les lampes se sont-elles allumées en même temps ? », le relativiste répond : « Cela dépend du référentiel dans lequel vous vous placez. »

13Quant au temps local, c’est le temps propre qui dépend du trajet dans l’espace-temps. Les lignes d’univers qui partent d’un point de l’espace-temps pour aller à un autre sont nombreuses. Or, du fait de la géométrie hyperbolique caractéristique de l’espace-temps minkowskien, le temps propre entre deux événements pris le long d’une ligne d’univers courbe est inférieur au temps propre entre les deux mêmes événements mesuré le long d’une ligne d’univers droite. Cela explique que, dans l’expérience de pensée du voyageur de Langevin ou pseudo-paradoxe des jumeaux, le jumeau voyageur est plus jeune, au terme de son aller-retour dans l’espace, que le jumeau sédentaire (cf. [Boratav & Kerner 1991] et [Luminet 1994]).

6 En relativité restreinte, c’est l’invariant des transformations de Lorentz qui détermine a priori l (...)
14La relativité restreinte dissocie donc temps local et temps global. Cependant, l’espace-temps newtonien et l’espace-temps minkowskien ont en commun la présence d’une trame de fond : espace et temps absolus en méca­nique classique, espace-temps en relativité restreinte6. En d’autres termes, ces deux théories reposent sur une démarcation claire et nette entre cinématique et dynamique.

1.4 Le problème du temps
7 Pour une présentation détaillée de la notion de covariance, cf. [Lachièze-Rey 2003, 2008] et [Barra (...)
15En relativité générale, la situation est radicalement différente puisqu’en raison du principe de covariance généralisée — qui manifeste l’indifférence de la théorie au choix des coordonnées7 — la théorie d’Einstein ne possède pas de variables que l’on puisse naturellement identifier au temps. Manifestement, cela contredit la théorie quantique puisque cette dernière repose sur une figure bien particulière du temps, en l’occurrence le temps newtonien. En d’autres termes, la variable t qui apparaît dans l’équation de Schrôdinger est en contradiction flagrante avec la covariance de la relativité générale.

16Que se passe-t-il en gravitation quantique canonique ? L’équation de base de la géométrodynamique est l’équation de Wheeler-DeWitt (WDW). Or cette équation d’évolution ne contient pas de variable temps. Cette caractéristique inhabituelle et pour le moins étonnante est l’une des facettes de ce qu’il est convenu d’appeler le problème du temps en gravité quantique : la principale équation dynamique est une équation qui ne prend pas en compte l’évolution dans le temps. C’est d’ailleurs la condition de covariance, appliquée aux équations d’évolution de la gravitation quantique, qui conduit à cette atemporalité :

Point commun à toutes les approches canoniques conventionnelles de la gravitation quantique, sa formulation dépend directement d’une description tridimensionnelle plutôt que d’une description spatio-temporelle plus globale. Comme nous l’avons vu, la partie tridimensionnelle du problème de « covariance générale » est bien prise en compte par les états de boucles ou de réseaux de spins, mais l’extension à une covariance générale pour tout l’espace quadridimensionnel ouvre une véritable « boîte de Pandore ». [... ] La difficulté est liée à la manière dont l’évolution temporelle, conformément à l’équation d’Einstein, peut être exprimée dans un formalisme quadridimensionnel généralement covariant. La question est en rapport avec ce que l’on appelle « le problème du temps » en gravitation quantique (ou, parfois, le « problème du temps figé ».) En relativité générale, il est impossible de distinguer l’évolution temporelle d’un simple changement de coordonnées (c’est-à-dire du simple remplacement de la coordonnée temps par une autre). Un formalisme généralement covariant devant être aveugle à de tels changements de coordonnées, le concept de l’évolution tem­porelle devient profondément problématique. » [Penrose 2004, 918]

1.5 Parménidiens vs héraclitéens
8 “The quantum universe is static. Nothing happens; there is being but no be-
coming. The flow of time (...)
17Cette situation a conduit certains auteurs à affirmer le caractère parménidien de l’espace-temps quantique. Le plus illustre représentant de cette tradi­tion est Julian Barbour qui a construit une théorie machienne de la géométro-dynamique destinée à mettre en évidence le caractère illusoire du devenir et qui affirme qu’au niveau de l’échelle de Planck il n’y a ni temps, ni changement. Barbour soutient que la gravitation quantique décrit un univers statique8 pour lequel l’équation de WDW donne les probabilités relatives de toutes les confi­gurations tridimensionnelles possibles de l’univers.

9 “Attempts to quantize general relativity encounters an odd problem. The Hamiltonian that normally g (...)
10 “There are two kinds of people in quantum gravity. Those who think that timelessness is the most be (...)
18Bon nombre de physiciens9 se sont fortement opposés à de telles théories au nom d’une croyance naïvement héraclitéenne au caractère irréductiblement temporel de la réalité. Peut-on, à l’instar de Fotini Markopoulou10, refuser cette atemporalité de la gravitation quantique en affirmant qu’elle contredit notre expérience immédiate ?

19  Au cœur de cette opposition est la question de savoir si l’on a besoin d’un concept de temps pour rendre compte des notions d’évolution, de changement, ou encore de variation. Les choses peuvent-elles varier, évoluer ou encore changer sans temps posé a priori ? Comme on va tenter de le montrer, l’évidence à l’œuvre autour de nous dans la nature n’est pas comme l’affirment Markopoulou et Dreyer celle du temps, mais celle du changement sous toutes ses formes, autrement dit celle du devenir. Dreyer, Kuchar et Markopoulou semblent dire que, sans temps, changement, évolution ou encore variation sont impensables. De deux choses l’une : soit le temps est la même chose que le changement et, en effet, il est problématique d’avoir une équation d’évolution qui dit que le temps n’existe pas, soit le temps est autre chose que le changement, et alors il n’est pas conceptuellement incohérent d’avoir du changement sans temps. Autrement dit, l’absence de temps n’implique pas ipso facto l’impossibilité de penser le changement.

2 Physique sans temps
2.1 Cinématique et dynamique en relativité générale
20Comme on l’a vu, aussi bien la physique newtonienne que la relativité restreinte reposent sur une distinction nette entre cinématique et dynamique. Or c’est précisément cela qui disparaît avec la relativité générale. En effet, en relativité générale, la structure d’espace-temps devient dynamique : elle n’est plus fixée a priori mais devient dépendante des différents processus physiques. Cette interdépendance entre la métrique et le contenu matériel de l’univers rend intenable la distinction faite, en physique classique, entre cinématique et dynamique. On parle alors de « background independence », indépendance de fond ou encore absence de trame de fond. Cette caractéristique de la relativité générale est, pour beaucoup, bien plus fondamentale que la révolution apportée par la relativité restreinte qui — rappelons-le une dernière fois — dépend d’une trame de fond non dynamique qui détermine a priori la localisation spatio­temporelle.

11 La notion d’invariance par difféomorphisme (actif) permet de se conformer aussi bien à l’exigence d (...)
21Ce point est bien évidemment lié au problème qu’a eu Einstein avec la question de la signification des coordonnées : ces dernières n’ont pas de signification physique, c’est-à-dire qu’elles ne repèrent pas de points particuliers de l’espace ou de l’espace-temps. Ce n’est qu’une fois équipées d’une métrique, que les distances entre points prennent sens. Cependant, il y a plus dans la notion de « backgound independence » que dans la notion de covariance généralisée. Tout d’abord, il faut remarquer que l’exigence de covariance est à elle seule une exigence triviale : il est tout à fait possible de reformuler de façon co­variante, i.e. au moyen de coordonnées arbitraires d’espace et de temps, aussi bien la physique newtonienne que la relativité restreinte. La « background in­dependence » est plus exigeante puisqu’elle interdit les structures a priori, sta­tiques, absolues ou substantielles, autrement dit les structures indépendantes des processus physiques. Techniquement, l’indépendance de fond est réalisée par l’intermédiaire de la notion d’invariance par difféomorphisme actif11.

22Avant d’en venir à la façon dont l’évolution est prise en compte et calculée en relativité générale, examinons l’idée d’Einstein selon laquelle espace-temps et champ gravitationnel sont une seule et même chose. Elle peut s’interpréter de deux façons. La première, la plus répandue, peut s’énoncer comme suit : l’espace-temps est courbe et la gravitation est un effet de cette courbure. La deuxième est celle de bon nombre de relativistes et de théoriciens de la gravitation quantique pour qui, plutôt que de voir la gravitation comme une conséquence de la courbure de l’espace-temps, il est plus intéressant — notamment dans le cadre d’une perspective relationnelle — d’admettre que la relativité générale consacre la disparition de l’espace-temps en tant qu’entité, et ce, au profit du champ gravitationnel. L’univers physique n’est pas peuplé de champs et de particules dans l’espace-temps, il est peuplé de champs et de particules.

12 Là encore, il faut se rappeler de l’intuition d’Einstein selon laquelle ce qui est réel ce ne sont (...)
23 Venons-en maintenant à la notion d’évolution. Que devient-elle dans un contexte « background independent » ? Comment penser une évolution sans espace et sans temps posés a priori ? On comprend bien que la dynamique ne peut plus être exprimée de façon usuelle, relativement à une structure absolue, mais cela n’implique pas que la relativité générale rende caduque toute évolution ou dynamique. Il a fallu tout le travail de Bergmann, Komar, DeWitt, Wheeler, Barbour, Stachel et plus récemment d’Ashtekar, de Rovelli ou de Smolin pour comprendre qu’en relativité générale la localisation spatio­temporelle ne se fait pas relativement à une trame de fond inerte mais rela-tionnellement12 :

Thus, a general relativistic theory does not deal with values of dynamical quantities at given spacetime points : it deals with values of dynamical quantities at “where” ’s and “when” ’s determined by other dynamical quantities. [Rovelli 2007, 1310]

24La relativité générale décrit le mouvement des différents objets les uns par rapport aux autres et non relativement à l’espace-temps :

Objects do not move with respect to space-time, nor with respect to anything external : they move in relation to one another. General relativity describes the relative motion of dynamical entities (fields, fluids, particles, planets, stars, galaxies) in relation to one another. [Rovelli 1999, 215]

25 L’espace et le temps sont de nature relationnelle. Nous n’habitons pas l’espace et nous n’évoluons pas dans ou selon le temps :

The time along which dynamics develops is discarded from general relativity, as well as the space in which dynamics takes place. [Rovelli 1999, 212]

2.2 La dynamique atemporelle de la relativité générale
13 Plus précisément, en termes de corrélations d’observables partielles. Sur la distinction entre obse (...)
26Toute une partie du travail de Carlo Rovelli a visé à montrer que, en relativité générale, ce n’est jamais l’évolution selon un certain temps t qui est mesurée, c’est l’évolution relative de variables dynamiques. Ce qui relève du changement en général est décrit non pas en termes d’évolution dans le temps mais en termes de corrélations de variables dynamiques13:

In classical GR, there is no meaning to R(t). There is no meaning to the value of the radius of the universe at some coordinate time t. What is meaningful is, say, the radius R’ of the universe when a given supernovae explodes. This quantity R’ is well defined, and—in principle—we can ask for its value in quantum gravity. The observables of general relativity are the relative (spatial and temporal) positions (contiguity) of the various dynamical entities in the theory, in relation to one another. Localization is only relational within the theory. This is the relational core of general relativity ; almost a homage to its Leibnizian lineage. [Rovelli 1999, 216]

27 Ce caractère relationnel de l’évolution a conduit Carlo Rovelli à l’élabora­tion d’un formalisme susceptible d’élargir cette « physique sans temps » aussi bien à la mécanique classique qu’à la mécanique quantique. L’un des intérêts de ce formalisme, c’est qu’il est cohérent avec les aspects les plus pratiques de la mesure du temps. En effet, on ne mesure jamais le temps, on mesure bien plutôt les oscillations d’un pendule, les vibrations d’un cristal de quartz, l’écoulement d’un sablier ou encore la combustion d’une bougie. Nos mesures d’évolution sont toujours des corrélations de variables dynamiques. Par exemple, quand j’affirme — montre à l’appui — que mon pendule a réalisé vingt-cinq allers-retours en une minute, je ne fais que corréler deux variables dynamiques entre elles : le parcours de ma trotteuse sur 360 degrés et les oscillations plus ou moins périodiques dudit pendule.

28 Ce formalisme relationnel est équivalent, en ce qui concerne la mécanique classique, au formalisme newtonien de l’évolution. En d’autres termes, les me­sures relationnelles que l’on obtient, a(b) ,b(c), c(d), sont équivalentes à des mesures d’évolution dans le temps : a(t),b(t),c(t),... D’où l’idée de voir, dans un cadre général, la mécanique comme une théorie relationnelle entre observables partielles. Dans cette perspective, la mécanique newtonienne est la limite classique de cette théorie plus générale dans laquelle une observable partielle acquiert le statut de variable indépendante. En effet, aux échelles qui sont les nôtres, quand je compare mes corrélations entre elles, je constate aisément qu’il m’est tout aussi possible d’exprimer l’évolution de mes variables en fonction d’un certain paramètre externe et non dynamique, en l’occurrence ici une figure plus ou moins proche du temps newtonien.

29 Carlo Rovelli soutient par ailleurs que cette équivalence entre des mesures relationnelles de l’évolution et des mesures d’évolution relativement au temps ne vaut qu’à une certaine échelle et disparaît au niveau de l’échelle de Planck :

14 Pour bien comprendre pourquoi la situation est encore plus radicale en gravité quantique qu’en rela (...)
In particular, it gives us confidence that to assume the exis­tence of the unobservable physical quantity t is a useful and reasonable thing to do. Simply : the usefulness of this as­sumption is lost in quantum gravity. The theory allows us to calculate the relations between observable quantities, such as A(B),B(C’),A(T1),T1(A),..., which is what we see. But it does not give us the evolution of these observable quantities in terms of an observable t, as Newton’s theory and special relativity do. In a sense, this simply means that there is no good clocks at the Planck scale. [Rovelli 2004, 30]14

15 C’est l’hypothèse du temps thermique ou « thermal time ».
16 Sur le rapport temps mécanique/temps thermodynamique, leur coïncidence en physique newtonienne et l (...)
30 Cette absence de temps au niveau fondamental, plus exactement cette ab­sence de bonnes horloges au niveau de l’échelle de Planck, a conduit Carlo Rovelli et Alain Connes à explorer les mécanismes de son émergence15. Ce qui ressort de ce travail, c’est que la disparition du temps est avant tout une disparition du temps mécanique car aussi bien en relativité générale que, semble-t-il, en gravité quantique, il demeure possible de construire un temps thermique ou thermodynamique16.

3 Incidences philosophiques
17 Ou, pour parler comme Merleau-Ponty, à la suite de London et Bauer, on peut se demander à quelles « (...)
31L’originalité de la gravité quantique consiste à prendre au sérieux la révo­lution conceptuelle inaugurée par la relativité générale quant à nos conceptions de l’espace et du temps. Ce que recherchent les théoriciens des boucles, c’est la signification physique d’une théorie quantique de la gravitation indépendante du fond. Quelle en est l’éventuelle portée philosophique17 ? Comme on va tenter de le mettre en évidence, il se dégage de cette théorie l’idée selon laquelle l’espace et le temps ne sont pas les contenants inertes du devenir et de la localisation.

3.1 Le temps est-il le réceptacle inerte du changement ?
32Il est courant d’affirmer que les choses deviennent dans le temps. Le temps est-il le milieu immobile de ce qui se déploie ou l’essence profonde du devenir ? Préexiste-t-il à tout changement, en est-il la structure d’accueil préalable, ou est-ce plutôt le devenir qui lui est antérieur ? Doit-on identifier temps et devenir ou les dissocier et voir dans le temps le réceptacle inerte de l’ensemble de ce qui advient ?

33On trouve l’idée du temps contenant — à travers l’expression « dans le temps » — aussi bien chez Aristote que chez saint Augustin ou Plotin. Elle renvoie à l’une de ses incarnations substantielles qui l’assimile à un milieu homogène accueillant toutes choses.

18 Cf. Critique de la Raison Pure, Première Analogie de l’expérience.
34Les philosophes ont par ailleurs livré des réponses divergentes à cette ques­tion du rapport du temps et du devenir (cf. [Barreau 1988]). Pour Kant, il y a une différence profonde entre temps et devenir. Le temps, inhérent au sujet percevant, n’est pas seulement condition de l’apparaître, il est également le milieu neutre et immobile dans lequel les choses deviennent18. Contre Kant, Hegel va procéder à une identification du temps et du devenir : « ce n’est pas dans le temps que tout naît et périt, mais le temps lui-même est ce devenir » [Hegel 1830, 144].

19 Il est intéressant de croiser cette idée avec le travail de Rovelli-Smerlak évoqué plus haut. La gr (...)
35Par ailleurs, notre usage ordinaire du concept de temps est caractérisé, soulignons-le, par une certaine ambivalence : il renvoie tantôt au devenir, tan­tôt à la structure du devenir. Rémy Lestienne [Lestienne 1985] a suggéré qu’une telle ambiguïté était également présente en physique entre temps mécanique et temps thermodynamique, autrement dit le temps en tant que mesure du changement et ce changement lui-même, caractérisé par l’irréversibilité et dé­couvert ou redécouvert par la thermodynamique avec la notion d’entropie19.

36Dans Réflexions sur le temps, Desanti, à la suite de Husserl, conseille de mettre entre parenthèses le temps objectif des horloges, de s’abstraire et de mettre hors circuit notre usage des calendriers et des emplois du temps. Il explique à son interlocuteur que l’enjeu d’une telle ascèse est d’oublier par­dessus tout :

le sens ordinaire de la préposition “dans” que nous utilisons spon­tanément lorsque nous parlons de notre expérience du temps. C’est même cet usage, tellement ancien, qui devrait faire l’ob­jet de notre examen. Vraiment il serait étrange que ce que nous avons appris à nommer “temps” puisse contenir quoi que ce soit. Et cependant nous disons sans inquiétude : “C’est dans le temps que tout se passe.” Or ce qui se passe “dans” le temps n’y demeure pas comme en un lieu. [Desanti 1992, 104]

20 Chez Bergson, les choses ne deviennent pas ou ne passent pas dans le temps précisément parce que le (...)
37Et Desanti d’expliquer que la phénoménologie a pour tâche, lorsqu’elle s’attelle à la question du temps, de défaire cette conception ordinaire du temps comme demeure ou comme lieu de ce qui passe, change ou se déroule. Dire du temps qu’il est ce dans quoi les choses passent, c’est, implicitement ou non, faire de lui un contenant, un réceptacle, ou encore un milieu homogène. C’est précisément à une telle conception que s’opposent les philosophies de Bergson20, de Husserl ou de Heidegger (cf. [Dastur 1990, 16]).

21 Comme par exemple la réversibilité du temps. Il a beaucoup été question dans les rapports de Bergso (...)
38Or il est notable que ces trois penseurs, tout en dénonçant cette conception du temps comme réceptacle, voient, chacun à sa façon, dans la physique, la discipline ayant inventé, développé et même réifié — pour en tirer à leurs yeux des conséquences métaphysiques inaceptables21 — cette même conception du temps qu’ils dénoncent. Comme si, par ailleurs, la physique était prisonnière de façon congénitale de cette conception du temps pensé et appréhendé comme milieu homogène, déterminée par essence à ne jamais pouvoir en sortir et condamnée à devoir en déployer les diverses figures de Newton jusqu’à Einstein et au-delà.

39C’est pourtant au sein même du temps objectif qu’un tel questionnement se fait aujourd’hui entendre. Nul besoin donc de suspendre et de mettre entre parenthèses les acquis de la mesure : c’est au sein de la physique, au travers de la relativité générale et de sa problématique unification avec la théorie quan-tique, qu’un tel rapport est à nouveau interrogé comme tel. Et ce qu’énonce la relativité générale c’est qu’il n’y a pas de sens à affirmer que le temps est la trame de fond qui permette de rendre compte du devenir, du changement ou de l’évolution.

40Peut-on pour autant, à l’instar de Hegel, identifier temps et devenir ? Le temps n’est-il rien d’autre que le changement ? Avant de répondre par la né­gative à cette question et de proposer en conséquence une troisième option, venons-en à la distinction opérée par Lautman entre le temps comme dimen­sion et le temps comme variation.

3.2. Du temps comme dimension au temps comme variation
22 Sur cette distinction à l’œuvre dans la théorie des équations aux dérivées partielles et son lien a (...)
41Dans un texte publié en 1946 [Lautman 1946], consacré au problème du temps, Lautman explique la nécessité de distinguer en physique le temps-paramètre du temps-coordonnée22. Soient les trois énoncés suivants : « le temps s’écoule toujours dans le même sens » ; « les objets matériels persistent au cours du temps » ; « les grandeurs qui caractérisent les systèmes dynamiques varient en fonction du temps ». Les deux premières propositions renvoient à l’idée d’un temps-dimension, ou temps-coordonnée, alors que la troisième renvoie à l’idée d’un temps-paramètre ou temps-variation.

42Il faut se garder, nous dit Lautman, d’identifier le paramètre temps, qui intervient dans l’énoncé des lois de la nature — simple facteur d’évolution — au temps irréversible de la durée des choses. Il ajoute d’ailleurs que l’évolu­tion d’un système pourrait parfaitement être étudiée en fonction d’une autre grandeur prise comme variable indépendante.

43Si la physique classique fut légitimement amenée à identifier temps-paramètre et temps-dimension (cf. [Paty 1998]), il semble au contraire que la relativité générale conduise à l’abandon d’une conception du temps conçu comme dimension, au profit du temps conçu comme variation.

23 On peut se demander si cette variation pure implique l’absence de phénomènes périodiques ?
24 Sur le sens et la portée du concept de variation pure chez Deleuze et Guattari, cf. [Rosanvallon & (...)
44À la lumière de cette distinction, la position défendue par Rovelli est celle d’une variation pure au niveau de l’échelle de Planck23. L’absence de bonnes horloges au niveau fondamental, décrite par des corrélations de variables dynamiques — desquelles ne peut émerger de variable externe et indépendante — peut alors s’interpréter comme étant du changement sans temps ou encore de la variation pure 24.

3.3. Le temps comme régime du devenir
45Le temps, que ce soit dans son acception familière ou tel qu’on le trouve en physique, fait notamment intervenir dans sa caractérisation les notions de changement et d’évolution, de mémoire, de flux et d’écoulement, de présent, de passé, de futur, d’instant(s), d’irréversibilité et de direction, de durée, de simultanéité, de chronologie, de causalité, de continuité, de dimension et, enfin, de paramétrage et de périodicité. Or ces diverses propriétés ne s’agrègent pas univoquement pour former la notion de temps. Si ces attributs se conjuguent pour constituer la tessiture du concept de temps, c’est selon des modalités for­tement hétérogènes les unes aux autres. Il est rare de retrouver intégralement l’ensemble de ces déterminations subsumé dans un concept général de temps. Il semble en conséquence plus pertinent de parler de figures du temps, chacune se caractérisant par sa capacité à plus ou moins élaguer dans le vaste ensemble de traits propres à la temporalité. Par exemple, la propriété d’irréversibilité — absente du temps de la mécanique classique — détermine puissamment aussi bien le temps thermodynamique que la notion de temporalité telle qu’elle intervient dans bon nombre de systèmes philosophiques qui font du temps vécu par la conscience une réalité fondamentale.

25 "Physics must be recast on a new foundation in which change is the measure of time, not time the me (...)
46Ce travail nous a conduit à l’examen de deux figures aux propriétés hétérogènes : d’abord, le temps tel qu’il apparaît à nos échelles et qui est improprement recouvert par le temps newtonien ; ensuite, cette figure de la variation pure au niveau de l’échelle de Planck. Il n’y a pas de contradiction entre ces deux incarnations si l’on accepte, à l’instar de Mach, que le temps surgit ou émerge comme syntaxe du changement. Si le temps est une abstraction à laquelle on parvient par la considération du mouvement des choses, alors c’est peut-être parce que temps et changement entretiennent des rapports qui se déterminent selon les échelles. Remarquons pour conclure qu’une telle conjecture conduirait à l’inversion de la définition bien connue du Livre IV de la Physique d’Aristote, à savoir le changement comme mesure du temps et non l’inverse 25. Elle permettrait également de rendre raison à l’idée de bon nombre de physiciens selon laquelle le temps est défini par ce que mesurent les horloges.

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Bibliographie

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Notes

1 Nous suivons a l’identique Claus Kiefer: "Concerning now the attempt to con­struct a full quantum theory of gravity, the question arises: What are the main approaches? In brief, one can distinguish between
- Quantum general relativity: The most straightforward attempt, both concep­tually and historically, is the application of ’quantization rules’ to classical general relativity. This approach can be divided further into
 - Covariant approaches: These are approaches that employ four-dimensional covariance at some stage of the formalism. Examples include perturbation theory, effective field theories, renormalization-group approaches, and path integral methods.
 - Canonical approaches: Here one makes use of a Hamiltonian formalism and identifies appropriate canonical variables and conjugate momenta. Examples include quantum geometrodynamics and loop quantum gravity.
- String theory (M-theory): This is the main approach to construct a unifying quantum framework of all interactions. The quantum aspect of the gravitational field only emerges in a certain limit in which the different interactions can be distinguished.
- Other fundamental approaches such as a direct quantization of topology, or the theory of causal sets" [Kiefer 2007, 4].
2 D’après [Rovelli 2004] et [Saint-Ours 2006].
3 Loin de nous l’idée selon laquelle l’univers ne serait composé que de corps matériels au sens strict. Par objet, nous renvoyons à l’ensemble des « entités » physiques susceptibles de peupler le monde : corps, champs, cordes, etc., cf. [Rovelli 2004].
4 Le terme de relationnel n’est pas équivalent à celui de relativiste. Par exemple, la théorie de la relativité restreinte n’est pas une théorie relationnelle de l’espace et du temps.
5 À l’instar de [Stachel 2005].
6 En relativité restreinte, c’est l’invariant des transformations de Lorentz qui détermine a priori la mesure de distances spatiotemporelles entre deux événements : ds2 = c2dt2 - dx2 - dy2 - dz2.
7 Pour une présentation détaillée de la notion de covariance, cf. [Lachièze-Rey 2003, 2008] et [Barrau & Grain 2011].
8 “The quantum universe is static. Nothing happens; there is being but no be-
coming. The flow of time and motion are illusions” [Barbour 2008, 2].
9 “Attempts to quantize general relativity encounters an odd problem. The Hamiltonian that normally generates time evolution vanishes in the case of general relativity as a result of diffeomorphism invariance. The theory seems to be saying that time does not exist. The most obvious feature of our world, namely that time seems to progress and that the world changes accordingly becomes a problem in this presumably fundamental theory” [Dreyer 2008, 1. C’est nous qui soulignons].
Cf. également, ce dialogue entre DeWitt et Kuchař: “DeWitt: you want a ”time“. You want to see something evolve. Kuchar: I do not want to see things evolving. I see things evolving and I want to explain why I see them evolving.” [Ashtekar & Stachel 1991, 171].
10 “There are two kinds of people in quantum gravity. Those who think that timelessness is the most beautiful and deepest insight in general relativity, if not modern science, and those who simply cannot comprehend what timelessness can mean and see evidence for time in everything in nature” [Markopoulou 2008, 1].
11 La notion d’invariance par difféomorphisme (actif) permet de se conformer aussi bien à l’exigence de covariance généralisée qu’à l’interdit quant à tous types de struc­tures absolues. Cf. [Rovelli 2004, 2.2] et [Giulini 2007].
12 Là encore, il faut se rappeler de l’intuition d’Einstein selon laquelle ce qui est réel ce ne sont pas les coordonnées mais les coïncidences d’espace-temps comme le croisement de deux lignes d’univers. Cf. [Balibar & Toncelli 2008, 177—182].
13 Plus précisément, en termes de corrélations d’observables partielles. Sur la distinction entre observable partielle et observable complète, cf. [Rovelli 2002].
14 Pour bien comprendre pourquoi la situation est encore plus radicale en gravité quantique qu’en relativité générale, il faut ajouter que, en relativité générale, quand bien même il n’existe pas de variables privilégiées pour exprimer la dynamique, il n’en demeure pas moins qu’à une solution des équations d’Einstein, correspond un espace-temps bien défini et ce à la différence de la gravité quantique où l’espace-temps disparaît de la même façon que la notion de trajectoire en mécanique quantique. Cf. [Rovelli 2004, 31].
15 C’est l’hypothèse du temps thermique ou « thermal time ».
16 Sur le rapport temps mécanique/temps thermodynamique, leur coïncidence en physique newtonienne et leur dissociation en relativité générale, cf. [Rovelli & Smerlak 2010].
17 Ou, pour parler comme Merleau-Ponty, à la suite de London et Bauer, on peut se demander à quelles « découvertes philosophiques négatives » est susceptible de nous conduire la gravitation quantique. Sur la portée de cette intuition sur les caté­gories traditionnelles de la substance, de l’élémentarité, de la causalité ou encore de l’individualité, cf. [During & Lévy-Leblond 2009]. On pourrait également, à l’instar de [Evans 2010], parler de contraintes relativistes pesant sur les métaphysiques du temps.
18 Cf. Critique de la Raison Pure, Première Analogie de l’expérience.
19 Il est intéressant de croiser cette idée avec le travail de Rovelli-Smerlak évoqué plus haut. La gravitation quantique réalise-t-elle le dépassement de cette ambiva­lence ?
20 Chez Bergson, les choses ne deviennent pas ou ne passent pas dans le temps précisément parce que le temps n’est pas de l’espace, c’est-à-dire un contenant neutre ou homogène.
21 Comme par exemple la réversibilité du temps. Il a beaucoup été question dans les rapports de Bergson à la relativité de Durée et simultanéité — cf. [During 2011]. Il est également intéressant de souligner que bon nombre d’intuitions bergsoniennes font écho au statut du temps et du changement en relativité générale et en gravitation quantique. Nous nous contenterons d’en énumérer trois :
- Tout d’abord, il y a chez Bergson cette idée — qui n’est pas sans rappeler la background independence — que les choses changent mais qu’elles ne changent pas dans le temps : « Il y a des changements, mais il n’y a pas, sous le chan­gement, de choses qui changent : le changement n’a pas besoin d’un support » [Bergson 1934, 163].
- Par ailleurs, au regard de la spatialisation du temps à l’œuvre en physique et justement critiquée par Bergson, il est indéniable que l’idée de Rovelli d’une physique mettant en œuvre des corrélations de variables dynamiques échappe au travers de la spatialisation. Non seulement les philosophes ont reproché aux physiciens de faire du temps un milieu homogène mais on leur a également reproché — c’est bien évidemment lié — de spatialiser le temps : les mesures de temps sont toujours des mesures d’espace, de longueurs, ce que Bergson appelle des multiplicités quantitatives où la succession est saisie par l’entremise de la juxtaposition.
- Enfin, il nous semble que Rovelli ne renierait pas cette idée de Bergson pour qui ce qui caractérise la science moderne c’est d’avoir érigé le temps en variable indépendante : « la science moderne doit se définir surtout par son aspiration à prendre le temps c

 
 
 
 

LES ROBOTS INTELLIGENTS ...

 


Les robots intelligents arrivent, menaçant des millions d'emplois


WASHINGTON (AFP) 14.02.2016 - 14:37
Des robots capables d'exécuter quasiment toutes les tâches humaines pourraient menacer des dizaines de millions d'emplois au cours de 30 prochaines années - AFP/Archives
Les progrès réalisés ces cinq dernières années dans l'intelligence artificielle vont permettre de construire des robots, capables d'exécuter quasiment toutes les tâches humaines, menaçant des dizaines de millions d'emplois au cours de 30 prochaines années, s'accordent à prédire des scientifiques.

"Nous approchons du moment où les machines pourront surpasser les humains dans presque toutes les tâches", a prévenu Moshe Vardi, directeur de l'Institute for Information Technology à l'Université Rice au Texas.

"La société doit se pencher sur cette question dès maintenant car si des robots font presque tout ce que nous faisons comme travail, qu'allons nous faire", s'est-il interrogé samedi aux côtés d'autres experts lors de la conférence annuelle de l'American Society for the Advancement of Science (AAAS) réunie à Washington.

Pour le scientifique qui n'exclue pas la fin du travail humain, "la question est de savoir si l'économie mondiale peut s'adapter à un taux de chômage de plus de 50%". Aucune profession n'est à l'abri, pas même les travailleurs du sexe, a-t-il lancé.

L'automatisation et la robotisation ont déjà bouleversé le secteur industriel ces 40 dernières années, dopant la productivité au détriment de l'emploi. Le nombre de création de postes dans le secteur manufacturier a atteint son pic en 1980 aux Etats-Unis et n'a cessé depuis de diminuer, s'accompagnant d'une stagnation des revenus de la classe moyenne, a expliqué Moshe Vardi.

Aujourd'hui on compte plus de 200.000 robots industriels dans le pays et leur nombre continue à augmenter.

La recherche se concentre actuellement sur la capacité de raisonnement des machines et les progrès ces vingt dernières années sont spectaculaires, selon cet expert.

AFP/Archives
© AFP/Archives

Une voiture sans chauffeur au Musée de la Science à Londres le 11 août 2009
"On a toutes les raisons de penser que les progrès des 25 prochaines années seront tout aussi impressionnants", a-t-il ajouté.

Selon lui, 10% des emplois qui nécessitent de conduire un véhicule aux Etats-Unis pourraient disparaitre en raison de l'automatisation de la conduite d'ici vingt-cinq ans.

Bart Selman, professeur de sciences informatiques à l'Université Cornell prévoit quant à lui que "dans les deux ou trois ans (à venir) des machines autonomes (...) feront leur entrée dans la société permettant entre autres la conduite automatisée de voitures et camions mais aussi de contrôler des drones de surveillance".

Cet expert a expliqué que des progrès très importants ont été fait depuis cinq ans notamment dans la vision et l?ouïe artificielles permettant à des robots de voir et d'entendre comme les humains.

- Perte de contrôle des humains -

Le professeur Selman a indiqué que les investissements dans l'intelligence artificielle aux Etats-Unis ont été de loin les plus élevés en 2015 depuis la naissance de ce domaine de recherche il y a cinquante ans, citant Google, Facebook, Microsoft et Tesla, du milliardaire Elon Musk, soulignant que le Pentagone a demandé 19 milliards de dollars pour développer des systèmes d'armement intelligents.

AFP/Archives
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Les drones, voitures sans chauffeur et robots de plus en plus perfectionnés pourraient remplacer l'homme et supprimer de nombreux emplois
Ce qui est inquiétant dans ces nouveaux logiciels, s'accordent à dire les experts, c'est leur capacité à synthétiser les données et à exécuter des tâches complexes.

"On peut donc s'interroger sur le niveau d'intelligence que ces robots pourront atteindre et si les humains ne risquent pas un jour de perdre le contrôle", a pointé Bart Selman.

L'astrophysicien britannique Stephen Hawking avait notamment mis en garde contre ce danger expliquant que "les humains sont limités par une évolution biologique lente". "L'intelligence artificielle pourrait se développer d'elle-même à un rythme de plus en plus rapide", avait-il expliqué.

Ces questions ont conduit les scientifiques à envisager l'établissement de règles éthiques pour encadrer le développement de l'intelligence artificielle ainsi que de programmes centrés sur la sécurité.

Elon Musk a lancé en 2014 une initiative de 10 millions de dollars à cette fin, estimant que l'intelligence artificielle était "potentiellement plus dangereuse que le nucléaire".

En 2015, un groupe de personnalités de haut vol, dont Stephen Hawking, Elon Musk et Steve Wozniak, cofondateur d?Apple, avait publié une lettre ouverte plaidant pour "l?interdiction des armes autonomes".

Ils expliquaient que "si une grande puissance développait des armes dotées d'une intelligence artificielle autonome, cela entraînerait une course dangereuse de ce type d?armement".

Pour Wendel Wallach, un éthicien de l'Université Yale, ces dangers nécessitent une mobilisation de la communauté internationale.

L'idée, a-t-il résumé samedi, "est de s'assurer que la technologie demeure un bon serviteur et ne devienne pas un maître dangereux".

 

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